Il est des journées que l’on vit… et d’autres qui nous transforment !
Le samedi 14 mars, au parcours santé du Morne Cabrit au Lamentin, plus d’une centaine de participants – familles, couples, frères et sœurs venus seuls, jeunes et enfants – ont répondu à un appel discret mais profond (celui de prendre du temps pour Dieu, pour soi, et pour les autres).
Ce jour-là, ce qui s’est vécu, dépasse largement le cadre d’une simple marche. C’était une vraie rencontre, une visitation. Un vrai cœur à cœur.
Une soif… et une réponse
Il y avait, dans cette montée, quelque chose d’invisible mais palpable. Chaque participant semblait vouloir se rendre « au puit pour puiser de l’eau ». Il y avait là plusieurs soifs à étancher.
Quelles soifs ? Soif de paix, soif de lien, soif de sens. Soif de Dieu lui-même.
Et Dieu a répondu. Chacun a pu entrer dans une démarche spirituelle vivante, incarnée, accessible. Une expérience de foi autrement. Une expérience qui libère.
Un temps dédié, une expérience forte… comme un chemin intérieur
La marche s’est déployée en plusieurs étapes.
Dès les premiers instants, en sous-groupes, la communion fraternelle s’est incarnée et les voix se sont élevées, simples et unies. Chacun des groupes avait pour mission de débuter le parcours par une « étape priante » : une dizaine de « Je vous salue Marie », deux dizaines de « Je te salue Joseph »…, accompagnées des intentions portées ensemble : pour le monde, pour la paix, pour les réalités locales comme les élections municipales ou les réalités des territoires avoisinants dans la bassin caribéen notamment.
Les groupes ont ensuite continué à cheminer à travers le sentier de mangrove vers un étang qui invitait à la contemplation. C’est ainsi que les participants ont été amenés à vivre une démarche spirituelle forte : faire le choix conscient de se délester d’un fardeau.
Enfin, en couple, en famille ou individuellement, la dernière étape était vécue comme un cœur à cœur avec Dieu, à travers quelques versets disposés ça et là dans le grand paysage, la voix de Dieu pouvait être perceptible pour celui qui dans le silence de cette nature paisible acceptait de se laisser toucher.
Un moment humble… mais puissant.
Un temps de méditation, de partage et de joie…
Tout au long du parcours, la Parole de Dieu (versets) était là, suspendue aux arbres, elle balisait le chemin. Chacun avançait à son rythme : seul, en couple, en famille. La feuille de route était claire : lire… écouter… mais surtout entendre Dieu me parler.
Car oui, cette journée a posé une question essentielle : écouter et entendre, est-ce la même chose ? Dans ces silences habités, beaucoup ont laissé Dieu parler à leur cœur, et ont pu se parler, échanger entre eux de façon très inhabituelle. Quelle joie !
Puis les visages se sont ouverts, les langues se sont déliées.
Le moment a été ponctué de jeux mêlés de rires, et de plusieurs témoignages à cœurs ouverts…
Des jeunes ont parlé aux moins jeunes. Des parents ont écouté leurs enfants… et inversement dans un contexte assez inédit. D’ailleurs, une mère, entourée de ses enfants, a simplement confié combien ce moment leur avait permis de se retrouver, de se dire des choses qu’ils ne prenaient plus le temps d’exprimer. Plus loin, des liens se sont même créés, parfois dans une autre langue. D’autres encore se sont resserrés, voire réparés.
Une atmosphère habitée, un geste simple… une libération profonde
Parmi les moments forts, celui du « jeune et la pierre » restera gravé. Un geste symbolique, presque banal… et pourtant. Au commencement du parcours, tout juste avant de cheminer, chaque participant avait reçu l’instruction de prendre le temps de sélectionner une pierre, celle qu’ils souhaitaient librement porter jusqu’à l’étape décisive. En effet, cette étape déterminante consistait à déposer une pierre, comme pour déposer un fardeau, une peur, une blessure, une fatigue, l’amertume ou la lassitude… Et dans ce geste, beaucoup ont vécu, comme ce jeune qui cheminait tantôt seul, tantôt en famille, une véritable libération intérieure. Comme si Dieu disait doucement : « Laisse-moi porter tout cela avec toi… ».
Quelque chose d’unique habitait cette journée : une présence, une paix, une joie simple mais profonde. Oui, l’Esprit Saint était à l’œuvre.
Et nous avions la sensation que tout était traversé par cette même joie simple et vraie, celle qui vient de Dieu (des regards, des silences, des éclats de rire, des larmes aussi parfois).
Cette joie qui s’est exprimée à travers des instants plus festifs avec jeux et amusements pour le plus grand bonheur du plus petit au plus grand (il y avait des très jeunes, la plus jeune cheffe de groupe était une petite fille et les plus valeureux avaient quant à eux un très bel âge…).
Entre parcours de confiance à l’aveugle en solo, ou guidés par l’ensemble des troupes, ou bien encore chasse aux cadeaux pour les jeunes enfants et ados, il y avait de quoi contenter tout le monde.
Quelle expérience !
Une Église vivante, en marche
Cette marche a aussi révélé une Église en mouvement.
Une Église qui se vit autrement : dans la nature ; dans la fraternité ; dans l’écoute et le partage ; dans des petits groupes où chacun trouve sa place ; une Église où l’on ne reste pas spectateur… mais où l’on devient frère.
Le service, lui aussi, a été un témoignage fort : des frères et des sœurs, veilleurs engagés qui, ont avec générosité mis leurs talents au service de tous (organisation, conception, logistique/achats), ceux et celles qui, loin du sentier ont donné de leur temps pour préparer la collation avec des attentions délicates…
Et avec reconnaissance, nous nous devons de dire combien Dieu nous a bénis à travers nos bienfaiteurs qui, par leurs dons discrets et précieux, nous ont permis de réussir cette édition. A tous, merci pour vos contributions essentielles.
Merci à tous ceux qui ont servi avec joie. Merci Seigneur pour ce que Tu as semé… et pour tout ce qui continue de grandir.
Nous avons pu apprécier les impressions et ressentis exprimés avant de pouvoir clôturer cette édition par un temps de collation partagée… Une vraie parenthèse de bonheur !
Ils ne sont pas repartis comme ils étaient venus
C’est sans doute cela, le plus marquant. À la fin de la journée, quelque chose avait changé. Dans les cœurs, dans les regards, dans les relations. Certains en parlaient encore les jours suivants. D’autres témoignaient d’une paix retrouvée. Tous, d’une manière ou d’une autre, avaient été touchés. Et oui, ils en témoignaient les jours d’après !
Une parole pour conclure : Et maintenant ? Et après ?
Notre Curé, Père Marcel Antoine CREPIN, l’a rappelé avec force : « Ce fut un temps de grâce. Un temps conduit par l’Esprit Saint. À travers des gestes simples, Dieu nous surprend… et libère les cœurs. ».
En ces termes-là, il nous a exhorté et indiqué que cette marche n’était pas une fin en soi. Elle est un commencement ; un appel à continuer ; à créer d’autres espaces ; à oser vivre la foi autrement ; à permettre aux familles de se retrouver, de se parler, de grandir ensemble.
Et c’est là l’essence de notre mission. C’est là l’ambition que porte le Service Paroissial de la Pastorale des Familles de notre Paroisse Saint-Laurent du Lamentin.
Pour ceux qui n’étaient pas là…
Vous étiez pourtant bien présents dans nos cœurs. Portés dans la prière, dans l’affection fraternelle.
Et déjà, une invitation se dessine : la prochaine fois… venez, nous vous attendons !
Le Comité paroissial
Pastorale des Familles du Lamentin
