Le Saint-Esprit est une personne de la Sainte Trinité à part entière, au même titre que le Père et le Fils. Lorsqu’il souffle, il donne à profusion :
– Les vertus théologales – Foi, Espérance et Charité – qui nous disposent à agir.
– Les charismes, propres à chacun (de la capacité à discerner, discrète, à la capacité de guérir, plus spectaculaire) qui nous permettent de nous mettre au service de l’Église.
– Les dons qui nous sont donnés pour notre propre croissance spirituelle.
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Les Sept dons du Saint Esprit
L’Esprit-Saint est « le don de Dieu » par excellence (Jn 4,10). Selon saint Augustin, c’est « l’hôte silencieux de notre âme ». Véritable cadeau de Dieu, l’Esprit-Saint communique divers dons spirituels à celui qui l’accueille.
Déjà l’hymne très ancienne Veni Creator Spiritus demandait à l’Esprit de donner « les sept dons de son amour ».
Mais c’est surtout Saint Thomas d’Aquin qui, par sa réflexion théologique, a formalisé une liste de sept dons de l’Esprit (un nombre qui exprime symboliquement la plénitude) : la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu.
Ceux-ci sont des dispositions permanentes qui rendent l’homme docile à suivre les inspirations divines, qui facilitent la pratique des vertus théologales (foi, espérance, charité) et morales (prudence, justice, force, tempérance) avec lesquelles elles sont aussi souvent en corrélation (cf § 1830 du Catéchisme de l’Église Catholique).
Ces dons qualifient le rapport de l’homme avec son Créateur, en le mettant en phase avec Dieu, en l’amenant à désirer ce que Dieu désire.
– Le don de sagesse :
C’est le don par excellence puisque la sagesse de Dieu est quelqu’un : Jésus «puissance de Dieu et sagesse de Dieu » (1Corinthiens 1, 24).
Cette sagesse-là n’a rien à voir avec la sagesse du monde, elle n’a d’autre raison d’être que l’amour. Par le don de sagesse, nous comprenons la manière dont Dieu nous aime et dont les trois Personnes divines s’aiment entre elles !
Le don de sagesse nous permet de comprendre les réalités surnaturelles, de connaître tout ce qui a été créé par Dieu et de contempler Dieu en personne.
– Le don d’intelligence :
Il n’a rien à voir avec le QI ! Il s’agit de l’intelligence spirituelle qui nous fait connaître, « voir », sentir, même imparfaitement, ce que nous croyons. C’est lui qui rend les enfants capables d’aborder les réalités divines de manière très juste. Le don d’intelligence vient parfaire la vertu de foi et fait de nous des chercheurs de Vérité. Il aide à entrer dans le mystère de Dieu, à comprendre de l’intérieur la foi, les Écritures, à distinguer l’erreur de la vérité. Il ne s’agit pas d’une compréhension purement rationnelle, mais plutôt d’une intelligence du cœur qui se place au service de la Foi. Pour Saint Augustin, Dieu illumine l’intelligence humaine, où sont conservées les idées, en élevant la pensée de l’homme au-delà de ses limites naturelles.
– Le don de science (la connaissance) :
L’Esprit Saint nous révèle la pensée de Dieu qui vit à travers nous, dans notre intelligence et conscience. Grâce au don de science, nous apprenons à connaître et à juger les choses créés et à aimer Dieu à travers le monde conçu par Lui. Il nous permet de dépasser les apparences pour percevoir la dimension surnaturelle de ce que nous sommes. Il nous simplifie et nous unifie.
– Le don de force :
Il n’est pas réservé aux martyrs !
C’est lui qui nous permet de persévérer dans les petites choses du quotidien, de sourire même quand tout va mal, de garder le silence lorsque nous avons envie de critiquer ou d’exploser de colère. Le don de force soutient notre marche par tous les temps. Il aide au quotidien à accomplir son devoir d’état et à vivre le combat spirituel. C’est l’héroïsme de la petitesse.
« Ma grâce te suffit, dit le Seigneur, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » (2 Co 12, 9)
– Le don de conseil :
C’est le don du discernement spirituel. Par ce don, l’Esprit Saint agit sur l’intelligence de l’homme en l’illuminant dans les choix moraux ; en lui permettant de comprendre la perspective de Dieu ; en l’aidant à choisir entre le bien et le mal, le vrai et le faux.
Le don de conseil permet donc de reconnaître la volonté de Dieu dans les situations de la vie, et nous permet d’accomplir les choix les plus justes pour être en communion avec Lui.
– Le don de piété (affection filiale) :
« Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son fils qui crie : Abba, Père ! » (Ga 4, 6)
L’Esprit Saint met dans nos cœurs la tendresse de Jésus pour son Père ce qui nous permet d’avoir une authentique relation filiale avec lui, quel que soit notre vécu familial et l’image que nous avons du père.
Ce devoir de piété filiale s’étend d’une manière toute particulière à Marie, à l’Église et aux prêtres. Il nous rend plein de respect pour le Seigneur et ceux qui croient en lui et nous pousse à les faire respecter (avec douceur mais fermeté !).
– Le don de crainte de Dieu :
Pour nous aujourd’hui ce mot est synonyme de peur, trouille, effroi … Dans la Bible, il désigne le respect, l’adoration du croyant devant l’infinie grandeur de Dieu. L’Esprit Saint, par le don de crainte, nous délivre de toute angoisse et nous apporte la paix, en même temps qu’il nous inspire une profonde aversion du péché. Il nous enracine dans l’humilité et nous permet d’abandonner toute idée de “toute-puissance” personnelle : nous sommes tout petits devant Dieu mais infiniment précieux à ses yeux, ce qui évite l’orgueil mais aussi le désespoir.
Tous ces dons sont étroitement liés les uns aux autres et se déploient durant toute la vie du chrétien, selon les besoins de chacun.
Quand reçoit-on les dons du Saint-Esprit ?
Chacun reçoit le Saint-Esprit avec l’imposition des mains lors du Baptême, et le Sacrement de la Confirmation renforce en nous les dons du Saint-Esprit. Mais s’ils nous ont été donnés en totalité et sans retour, en revanche, nous avons à travailler pour les faire croître en nous. Nous devon les invoquer incessamment sur nous, avec nos prières, et en vivant l’Évangile quotidiennement. C’est un peu comme une plante dont nous devons prendre soin en l’arrosant, en la taillant, en enrichissant la terre pour qu’elle donne du fruit. C’est donc en cultivant les dons du Saint-Esprit qu’ils descendent sur nous et continuent d’alimenter notre existence.
A télécharger :
Tableau du Pape François : Les sept dons du Saint-Esprit
Les fruits de l’Esprit Saint
Les fruits de l’Esprit Saint s’obtiennent en cultivant les vertus et les dons.
En principe, en effet, les actes de vertu exigent souvent beaucoup d’efforts, et parfois ils ont une certaine âpreté comme un fruit qui n’est pas encore mûr. Mais quand on s’est longuement exercé dans la pratique des vertus, on acquiert une telle facilité à accomplir de tels actes et à les répéter avec beaucoup d’amour, alors ces actes exécutés avec plaisir prennent le nom de fruits.
Jésus est le « Christ », ce qui signifie qu’il est « oint » de l’Esprit Saint et toute la vie de Jésus transmet une vie nouvelle aux hommes. Le sommet de ce don est le mystère pascal, quand Jésus pardonne même notre aveuglement, même nos refus, Dieu ne reprend pas les dons qu’il a faits.
C’est pourquoi les fruits de l’Esprit Saint sont décrits dans le Nouveau Testament (Ga 5, 22-23), après la Passion et la Résurrection de Jésus : la vie nouvelle est le fruit de l’amour qui anime Jésus, la vie nouvelle est le fruit de l’Esprit Saint.
« Les fruits de l’Esprit sont des perfections que forme en nous le Saint-Esprit comme des prémices de la gloire éternelle. » (Catéchisme de l’Église catholique § 1832)
La Vierge Marie a conçu Jésus par l’Esprit Saint, elle a ensuite été présente au calvaire, puis au cénacle de la Pentecôte : ainsi, nous pouvons affirmer que Marie a vécu tous les dons de l’Esprit Saint en abondance.
Ce don de Dieu, saint Paul le décrit « en douze dimensions » :
« Le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi. » (Galates 5, 22-23)
Nous pouvons classer les 12 fruits de l’Esprit en trois groupes :
- Les fruits qui concernent l’âme dans ses relations avec Dieu: la charité, la joie, la paix, la patience.
- Les fruits qui concernent l’âme dans ses relations avec le prochain: la bénignité, la bonté, la longanimité, la mansuétude, la foi.
- Les fruits qui concernent l’âme dans ses relations avec son propre corps : la modestie, la continence, la chasteté.
Les 12 fruits du Saint-Esprit sont inséparables : il s’agit d’être mû par l’Esprit Saint, et l’Esprit Saint est une personne vivante !
« Eh bien ! moi je vous le dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. [ …] Combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » (Luc 11, 9-14)