Un an après son élection, le pape Léon XIV, publie sa première encyclique, Magnifica Humanitas (« Magnifique humanité ») signée le 15 mai 2026, jour du 135e anniversaire de l’encyclique « Rerum Novarum » de Léon XIII, texte fondateur de la Doctrine Sociale de l’Église.
Pour l’Église catholique, une encyclique, c’est une lettre adressée à l’ensemble des fidèles et, au-delà, au monde entier, destinée à faire référence pour des décennies.
Consacrée à l’intelligence artificielle et à ses conséquences humaines, économiques et culturelles, cette encyclique offre une réflexion chrétienne sur la révolution technologique actuelle et invite à redécouvrir la dignité humaine à la lumière de l’Évangile.
Le sujet choisi est sans détours : comment vivre et travailler dans un monde façonné par les algorithmes ? Comment protéger l’être humain quand le monde change trop vite ?
135 ans après l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, le pape actuel affronte la question décisive de la transformation du travail et du rapport entre l’homme et la machine. Comme la révolution industrielle avait posé la question du rapport entre capital et travail, la révolution numérique interroge désormais la place irréductible de la personne humaine face à la technique.
Le contexte mondial est préoccupant. En moins d’une décennie, l’intelligence artificielle générative a bouleversé des pans entiers de l’économie et de la culture. Des millions de métiers sont en pleine mutation. La frontière entre ce qui est authentique et ce qui est produit par une machine devient de plus en plus floue. Les institutions : politiques, sociales, religieuses cherchent toutes leurs repères. C’est dans cette incertitude que l’Église catholique, forte de deux millénaires de réflexion sur la condition humaine, choisit de prendre la parole.
Face à cette révolution silencieuse, mais radicale, l’Église ne choisit ni le rejet ni l’enthousiasme naïf. Elle propose un chemin entre les deux : celui du discernement.
Tout en reconnaissant les possibilités immenses offertes par l’IA, le pape met en garde contre les risques de déshumanisation, de manipulation, d’asservissement économique et d’affaiblissement du jugement critique. La technique doit demeurer un instrument au service de l’homme et ne peut devenir la mesure de sa dignité.
Le Pape rappelle que l’être humain ne se réduit ni à ses performances ni à ses données : il est un être de relation, de liberté et de transcendance. Face aux logiques de contrôle et d’efficacité, il invite les croyants comme tous les hommes de bonne volonté à choisir la vérité, la solidarité, la justice sociale, le dialogue et la paix.
Léon XIV, qui a pris le nom de l’auteur de l’Encyclique Rerum novarum, demande à chacun d’entre nous, à l’ère de la révolution numérique, de jouer un rôle actif, pour que la construction de la «civilisation de l’amour» se réalise grâce à «une somme de petites et tenaces fidélités», capables d’endiguer la déshumanisation. Une tâche qui nous concerne donc tous, et de près.
Un texte majeur à destination de tous les hommes et femmes du XXIe siècle, appelé à devenir une référence majeure de la doctrine sociale de l’Église.
À lire dans « Magnifica humanitas » : l’Église catholique face à l’esclavage
Au paragraphe 176 de l’encyclique Magnifica humanitas, Léon XIV écrit ces mots : « Nous ne pouvons nier ni minimiser le retard avec lequel l’Église et la société ont condamné le fléau de l’esclavage. »
Quelques lignes plus loin, Léon XIV ajoute : « Au nom de l’Église, je demande sincèrement pardon. » Un mea culpa important qui pousse à s’intéresser à l’évolution de la position de l’Église sur ce délicat sujet.