Célia, Chéryne, Iona, Mauranne, Olivier, Violetta. Les connaissez-vous ?

Ce sont les catéchumènes adultes qui vont recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie) lors de la veillée pascale le samedi 4 avril 2026 au sein de notre paroisse. Nous les reconnaissons lors des célébrations dominicales à l’écharpe violette qu’ils portent pendant le temps de leur préparation.

Découvrons le cheminement des catéchumènes “appelés”

C’est le 1er mars dernier que, 46 catéchumènes de notre diocèse ont répondu à l’appel décisif lors de la célébration présidée par Mgr David MACAIRE à la Cathédrale Saint-Louis. Parmi eux, 5 catéchumènes accompagnés par notre paroisse, auxquels vient de se joindre une 6ème catéchumène, Iona qui a commencé sa préparation à Toulouse.

Cette célébration a marqué une étape de plus du chemin catéchuménal de ces futurs chrétiens : ils sont désormais admis officiellement à recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne lors de la veillée pascale.

Avec cette étape s’est ouvert le temps de la “purification et de l’illumination”. « Illumination » et « purification », deux mots forts dont les scrutins sont les rites principaux, rites permettant aux catéchumènes de se préparer et de s’ajuster intérieurement à la plongée dans la mort et la résurrection du Christ et à la réception de la lumière lors de la vigile pascale.

Vécu durant le Carême, ce temps constitue pour les catéchumènes un temps particulièrement intense de conversion et de préparation intérieure. Le temps liturgique du Carême est propice à la purification des cœurs en vue du renouvellement par le baptême. En effet, le Carême débute avec les cendres par une invitation à la conversion et à l’affermissement de la foi en Jésus Christ : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». Il se poursuit par une période d’illumination et de purification pendant laquelle les catéchumènes vivront les trois rites des trois “scrutins”,  préparation pénitentielle au baptême et soutien spirituel.

Les scrutins : trois étapes pour préparer le cœur

Durant les 3ᵉ, 4ᵉ et 5ᵉ dimanches de Carême, afin qu’ils soient fortifiés et qu’ils préparent leur cœur à recevoir les dons du Seigneur, l’Église propose aux catéchumènes un « itinéraire spirituel progressif » jalonné par trois célébrations appelées “scrutins”, trois rites pénitentiels, vécus avec toute la communauté paroissiale, entourés de leurs accompagnateurs ainsi que de leurs parrains et marraines.

Le mot « scrutin » vient du latin scrutinium qui a comme sens « action de fouiller », « action de visiter ». « Scrute-moi, mon Dieu, tu sauras ma pensée ; éprouve-moi, tu connaîtras mon cœur. » (Ps 138, 23).

Le scrutin vise ainsi à mettre à jour dans le cœur des catéchumènes :

  • « ce qu’il y a de faible, de malade et de mauvais, pour le guérir,
  • et ce qu’il y a de bien, de bon et de saint, pour l’affermir ».

Il évoque donc un discernement à la lumière du Christ : il s’agit de laisser Dieu éclairer le cœur, pour se détourner de ce qui éloigne de lui et se tourner vers la vie nouvelle.

Ces rites pénitentiels, simples et brefs, sont intégrés à la messe dominicale. Ils permettent à toute la communauté paroissiale de porter les catéchumènes dans la prière.

Le scrutin se déroule en 3 temps :

  • D’abord une prière silencieuse de l’assemblée et des catéchumènes qui se sont inclinés ou agenouillés.
  • Suit une prière litanique, les parrains et marraines posant la main droite sur l’épaule de leurs filleuls.
  • Puis une prière d’exorcisme, lors de laquelle les gestes du célébrant sont signifiants : mains jointes pendant la prière à Dieu, puis imposition de la main en silence sur chaque catéchumène, puis les mains étendues sur tous les catéchumènes pendant la prière d’exorcisme adressée à Jésus avec invocation de l’Esprit Saint.

La force de ces gestes et de cette prière au Dieu trinitaire leur fait prendre conscience que, malgré toutes les inquiétudes et leurs appréhensions, avancer sera toujours possible car ce n’est pas à la force du poignet qu’ils deviennent chrétiens, mais par la force de l’Esprit Saint.

Pourquoi renouveler trois fois le même rite ?

Au fil des scrutins au cours desquels sont proclamés trois grands passages de l’Évangile selon saint Jean qui donnent les symboles forts de la vie baptismale, nous voyons se dessiner une progression : Jésus eau vive du salut, lumière du salut, vie en plénitude.

    • 1er scrutin – Le récit de la Samaritaine (Jn 4) : Jésus donne l’eau vive, symbole de la vie nouvelle offerte dans le baptême.
    • 2ème scrutin – Le récit de l’Aveugle-né (Jn 9) : le Christ apporte la lumière et guérit le regard, image de l’illumination de la foi.
    • 3ème scrutin – Le récit de la résurrection de Lazare (Jn 11) : Jésus manifeste qu’il est la vie, appelant chacun à passer de la mort à la résurrection.

Vivre les scrutins en paroisse, en Église, c’est signifier que l’Église se reçoit toujours de son Seigneur. Il est notre source d’eau vive, notre lumière et notre vie. « Je suis le chemin, la vérité, la vie » dit Jésus à ses disciples, la veille de sa Passion (Jn 14, 6).

Les scrutins sont répétés car notre cœur est lent à croire et à se convertir à la grâce qui nous est faite. Les scrutins sont répétés car Dieu est patient, fidèle et miséricordieux. Les scrutins sont répétés trois fois, pour que nous découvrions que nous sommes toujours interrogés, à l’intérieur de nous-mêmes par notre conscience, notre cœur : quel choix de vie dois-je faire aujourd’hui, pour accueillir toujours mieux l’eau vive, la lumière véritable, la vie qui vient de Dieu ?

Les scrutins sont efficaces lorsqu’ils sondent nos cœurs pour les ouvrir à la grâce du salut. Ils sont efficaces quand ils produisent en nous un authentique changement, une conversion qui nous ouvre à la vie divine en nous libérant des chaines du péché et du Mal.

« Scrute-moi, mon Dieu, tu sauras ma pensée ; éprouve-moi, tu connaîtras mon cœur. » (Ps 138, 23).

Les scrutins sont eux-mêmes trois rencontres « salutaires » pour les catéchumènes. Un moment privilégié pour eux de rencontre avec le Christ, un moment unique d’initiation chrétienne. Car la force qu’ils puisent grâce à ces trois évangiles et aux rites vécus en communauté les aide à oser devenir chrétiens.

Un temps spirituel décisif

Ce temps est une période importante du parcours des catéchumènes car souvent marqué par des combats intérieurs, des questions, parfois des doutes ou des pressions de l’entourage.

C’est pourquoi l’Église les entoure particulièrement de la prière et du soutien de la communauté chrétienne tout au long de cette période, mais également par la suite.

Mais ce chemin catéchuménal ne concerne pas seulement ceux qui vont être baptisés : tous les baptisés sont invités à vivre ce temps comme un appel renouvelé à la conversion.

Le Carême devient ainsi un temps de grâce partagé : les catéchumènes se préparent au baptême, et les baptisés redécouvrent eux-mêmes la profondeur de leur propre baptême.

À la veillée pascale, les catéchumènes recevront le baptême, la confirmation et l’eucharistie, tandis que les fidèles renouvelleront leur profession de foi baptismale.

Les catéchumènes témoignent :

Après le 1er SCRUTIN (dimanche 8 mars)

Tous ont été touchés par l’histoire de la Samaritaine qui les rejoint dans leur propre histoire.

  • “Oui, comme la samaritaine, je craignais de sortir, j’avais peur du regard des autres. Avec Jésus, j’ai décidé de ne plus avoir peur”.
  • “Je n’ai pas été tout le temps sur « le droit chemin » dans ma vie quotidienne. On se fait juger. Je suis mère célibataire. Malgré mes péchés, Jésus est venu me chercher, et je sais que j’ai toute ma place dans cette église.”

Après le 2ème scrutin (dimanche 15 mars)

  • “J’ai toujours été aveugle, mais plus j’avance dans mon cheminement, plus les choses deviennent plus claires. Aujourd’hui, je vois que l’on n’a pas besoin de voir pour croire.”
  • “Je me suis vu dans l’aveugle. Au début de mon cheminement j’étais aveugle, je ne voyais pas. Dieu m’a ouvert les yeux et je vois ce qu’il fait pour moi.”

Après le 3ème scrutin (samedi 21 mars)

  • “Se mettre à la place de Lazare nous permet d’ouvrir les yeux sur nos tombeaux.”
  • “Comme Lazare, je me sens libérée ; je n’ai plus peur. Ma foi en Dieu grandit.”
  • “Mon tombeau c’est la procrastination. Dieu me montre que je peux avancer avec une force immense. Ce qui m’aide c’est la prière ; on prie mais il faut aussi faire un pas. Le lâcher prise aide à sortir des mauvaises habitudes.”
  • “J’ai encore compris ce soir par l’attitude de Jésus, que toute situation ne se règle pas de manière automatique. J’ai tendance à vouloir arriver à la solution tout de suite. Mais j’ai compris que le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes. Quand j’abandonne, Dieu agit. Il faut lâcher prise.”
Portons en prière les catéchumènes “appelés”
et marchons avec eux vers la joie de Pâques.