Préparés par un carême priant et à forte dimension communautaire, nous avons vécu au sein de la paroisse une période non moins intense du 02 avril au 05 avril 2026 : le Triduum pascal, cette « période de trois jours » (en latin), qui va de la messe du soir le Jeudi Saint au dimanche de Pâques inclus.
Le Triduum pascal nous fait entrer dans le Mystère Pascal, cœur de la foi chrétienne, en nous faisant revivre la Cène, la Passion, la mort et la Résurrection de Notre Seigneur.
Ces célébrations, particulièrement solennelles, ont rassemblé la communauté paroissiale du Lamentin dans une même prière et une profonde espérance. Elles ont été marquées par une grande ferveur et une immense joie : la Joie surnaturelle de Pâques, celle de Jésus Ressuscité.
Les cœurs ont été touchés, se sont ouverts aux grâces que Jésus Ressuscité vient déverser sur nous et nous envoie partager autour de nous.
La communauté paroissiale a vécu un renouveau, un vrai coeur à coeur avec le Seigneur, pendant tout le carême puis la semaine sainte pour culminer à Pâques.
Jeudi Saint, commémoration du dernier repas du Christ : l’institution de l’Eucharistie et le lavement des pieds
Messe avec la Catéchèse à 16h
Malgré un calendrier scolaire défavorable puisque cette année 2026, au mépris de notre histoire et notre identité, les vacances scolaires commençaient le vendredi saint, le jeudi saint étant alors jour de classe, de nombreux enfants ont répondu à l’invitation du Seigneur et sont venus participer à la Messe dédiée à la Catéchèse.
Avec leurs parents, ils ont posé un acte de foi en faisant le choix de boycotter l’école ce jour-là pour vivre ce moment essentiel de leur foi. Ils ont choisi Jésus.
Nombreux aussi étaient les servants d’autel renforcés par les jeunes aspirants au service d’autel. Douze d’entre eux ont été choisis pour le geste liturgique du lavement des pieds effectué par le Curé, Père Marcel CRÉPIN, rite au cours duquel le célébrant s’agenouille et lave les pieds de chacune des personnes désignées. Ce geste signifie tout à la fois la tendresse de Jésus pour ses disciples et la tendresse à laquelle les chrétiens sont invités par le Christ envers les pauvres. Nous devons nous mettre au service les uns des autres puisque lui-même s’est mis à notre service.
Messe avec toute la communauté à 18h30
Vendredi Saint : la Passion et la Mort de Jésus sur la Croix
Chemin de croix à 5h dans le centre-ville et la périphérie du Lamentin
Départ à la Croix Mission à 5h30 et arrivée à l’église peu après 7h30 en passant devant le collège Petit Manoir, en traversant la cité Petit Manoir jusqu’au carrefour vers Place d’Armes, en remontant vers les écoles primaires de Césaire pour descendre vers le Calebassier par le Bd Amédée Despointes jusqu’au marché et revenir vers l’église.
Malgré une météo incertaine, près de 800 participants de toutes générations, voire même des personnes âgées avec leur canne, entre amis, en solo ou en famille, des parents avec leurs enfants, dont certains en bas-âge. Les enfants étaient en force et si certains trainaient les pieds pour venir, c’est finalement eux qui entrainaient les parents en fin de parcours.
Le chemin de croix a commencé par la méditation des mystères douloureux du Rosaire.
Puis ce fut la méditation des 14 stations du chemin de croix, autour du thème “Jésus mon Sauveur, Jésus mon Seigneur”. Station après station, les participants ont pu suivre le Christ pas à pas dans le combat qu’il a accepté de vivre pour nous racheter de nos péchés. Chaque méditation nous amenait à une profonde réflexion sur toutes les violences que connaît le monde actuellement, et à prier pour la paix notamment pour notre île, qui perd mois après mois des enfants, victimes de la haine et de la violence.
Très bon accueil des riverains au passage du cortège du chemin de croix.
La dernière station a été méditée à l’église et le temps de prière s’est conclu par une exhortation du Curé, Père Marcel CRÉPIN et de deux autres frères.
Des participants témoignent :
“Le chemin de croix que nous avons vécu, c’est un chemin de croix de victoire, de grâce et de bénédiction. Le chemin de croix est en réalité un chemin de vie parce que tout ne s’arrête pas au tombeau ; le tombeau est la victoire sur la mort. Il n’y a pas de résurrection sans tombeau ; il n’y a pas de tombeau sans le Golgotha. Au fait, le chemin de croix est un chemin de victoire donné par le Christ”.
“Nous avons vécu un très beau chemin de croix. Je me suis sentie portée par Jésus, portée par tout le monde et je remercie le Seigneur de nous avoir offert ça.”
“Ce chemin de croix vécu au sein de la communauté était extraordinaire. Nous avons de quoi être fiers ! Fiers de marcher dans l’unité à la suite de notre Seigneur Jésus-Christ !”
Chemin de croix à 9h à l’église
Pour ceux qui n’ont pu participer au chemin de croix dans la ville, il était proposé de marcher avec Jésus sur le chemin de sa Passion, à l’intérieur de l’église, en suivant les 14 stèles placées sur les murs des nefs latérales.
Comme pour le chemin de croix dans la ville, à travers les 14 stations, les participants ont contemplé un Seigneur qui s’abaisse par amour, un Sauveur qui rejoint nos souffrances, un Frère qui marche avec notre peuple dans ses blessures, ses combats, ses espérances. Chaque parole prononcée sur le chemin du Calvaire résonnait dans les réalités de notre Martinique : nos familles éprouvées, nos jeunes en quête de sens, nos anciens qui portent la mémoire, nos communautés appelées à l’unité.
En méditant ce Chemin de Croix, nous avons ouvert nos cœurs à la grâce, laisser Jésus nous parler, nous relever, nous sauver.
Pour clôturer ce temps de prière, Thomas, un frère de la Pastorale des Familles qui avait participé au chemin de croix dans la ville et à celui médité à l’intérieur de l’église est venu témoigner avec beaucoup d’émotion de ce qu’il avait vécu.
L’intervenant a insisté sur la méditation de la 8ème station au cours de laquelle Jésus rencontre les femmes de Jérusalem qui se lamentaient sur Lui et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! » (Lc 23,27-28).
Dans cette parole, Jésus ne se contente pas de susciter l’émotion : il veut transformer les cœurs. Il ne cherche pas des larmes de compassion, mais des larmes de conversion. Il veut sauver, non émouvoir. Même sur le chemin de la mort, il enseigne, il éclaire, il guide. Il demeure maître de la situation, prophète de vérité, pasteur qui avertit son peuple pour qu’il ne se perde pas.
Notre prière : que chacun accepte d’être ou que chacun puisse rencontrer sur son chemin :
- Une “Marie” qui soutient par sa présence aimante
- une “Véronique” pour poser un geste de compassion, écouter, soutenir, encourager
- un “Simon de Cyrène” pour aider
Office de la Passion à 15h
La liturgie du jour invitait à méditer le mystère de Passion et de la mort du Christ qui porte nos souffrances, nos douleurs, nos péchés et qui intercède pour les pécheurs que nous sommes.
Puis les fidèles sont venus en procession et dans un grand recueillement, vénérer la Croix, en s’inclinant devant le « bois de la croix qui a porté le salut du monde ».
La célébration s’est terminée par la communion avec la réserve eucharistique du Jeudi Saint.
Samedi Saint : jour de silence et de méditation, où l’Église attend la Résurrection.
L’Église contemple le Christ au tombeau, dans le « repos » du Samedi Saint. Il n’y a pas de messe en journée. Le Christ est mort, il n’y a plus aucune liturgie. C’est le seul jour de l’année où l’on ne célèbre pas de messe.
Samedi Gloria – la Veillée (ou Vigile) Pascale : victoire de la lumière sur les ténèbres et annonce de la Résurrection du Christ.
Vigile pascale, que saint Augustin nomme la « mère de toute les veillées », et dont Jean-Paul II a rappelé « l’importance unique dans l’année liturgique, au point d’être la fête des fêtes ».
Pourquoi ? Parce que c’est elle qui enfante de nouveaux enfants à l’Église, bien entendu, avec le baptême des catéchumènes, mais c’est elle aussi qui est la source du renouvellement des promesses de notre propre baptême, de notre passage « de mort à vie » et la source du renouvellement de la « réserve eucharistique ».
La célébration au Lamentin a commencé à 18h30, l’église étant plongée dans l’obscurité.
Célébration joyeuse marquée par l’illumination de la lumière pascale (cierge pascal allumé au feu nouveau), le chant de l’Exultet dont le nom vient du latin exultare, « exulter de joie » (qui proclame la victoire de la lumière sur les ténèbres et annonce la Résurrection du Christ), les lectures (qui rappellent l’histoire du salut depuis la création du monde jusqu’à la résurrection de Jésus-Christ) et la célébration de l’Eucharistie.
Les fidèles ont été invités à renouveler leur profession de foi baptismale et 6 catéchumènes adultes ont reçu les sacrements de l’initiation chrétienne au sein de notre paroisse Saint-Laurent.
Joie et allégresse habitaient les cœurs des paroissiens, heureux de célébrer la Résurrection de Jésus-Christ, le passage des ténèbres à la lumière, mais aussi heureux d’accueillir de nouveaux membres dans l’ Église, dans notre communauté paroissiale.
Dimanche de Pâques : la Résurrection de Jésus-Christ, élément central de la foi chrétienne
Jésus est vivant ! Alleluia ! Quelle joie !
Les paroissiens sont venus nombreux, dans la joie et l’allégresse, célébrer la Résurrection du Christ, la victoire définitive de la vie sur la mort.
Des compositions florales pour faire entrer la Création elle-même dans la « Maison de Dieu », établissant ainsi un dialogue entre nature et culture au cœur même du culte chrétien qui est l’œuvre de la Trinité sainte, et permettre ainsi aux fidèles de mieux contempler la Beauté et la Bonté de Dieu.
Pour les chrétiens, ce n’est pas seulement un événement miraculeux du passé, mais un message qui touche à la vie, à la mort, à l’espérance et au sens de l’existence humaine : ils croient que Jésus, après avoir été crucifié et mis au tombeau, est revenu à la vie.
Cette résurrection signifie que la mort n’a pas le dernier mot. Elle ouvre la possibilité d’une vie qui dépasse la mort, non pas comme un simple retour à la vie terrestre, mais comme une existence transformée. C’est le triomphe de l’amour sur la violence, du pardon sur le mal.
Ainsi, la résurrection est la preuve ultime pour les croyants que Jésus est bien le Fils de Dieu, le Messie annoncé, celui qui révèle pleinement qui est Dieu. Quelle joie !
La joie de Pâques ne s’arrête pas au dimanche de la Résurrection : elle se prolonge pendant 8 jours, dans ce qu’on appelle l’Octave de Pâques.
Avec Pâques, l’Église entre dans le temps pascal. Ce temps dure 50 jours. Il se termine à la Pentecôte.

