Le troisième dimanche de l’Avent est dit “ le dimanche de la joie”, “dimanche de Gaudete » (du latin gaudete, signifiant « réjouissez-vous »). « Savoir que Dieu est proche, attentif et plein de compassion, (…), qu’il est un Père miséricordieux qui s’intéresse à nous dans le respect de notre liberté, est motif d’une joie profonde » (saint Jean-Paul II)
Réjouissez-vous !
« Réjouissez-vous » car le Seigneur vient vous sauver ! La promesse de Dieu va s’accomplir, le Salut est en marche… Goûtons à cette joie profonde que nous propose la liturgie. Dans la morosité qui marque la période que nous traversons, puisons notre force dans la Foi qui nous anime.
L’antienne d’ouverture de la messe est la suivante : « Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche ».
La couleur des vêtements liturgiques pendant cette période de l’attente qu’est l’Avent, est le violet. Ce jour-là, les ornements peuvent être roses et souvent, dans les paroisses, la troisième bougie de la couronne de l’Avent, allumée ce jour-là, prend la même teinte chaleureuse. On peut jouer de l’orgue et prévoir une décoration florale dans l’église.
La semaine dernière, Jean le Baptiste nous invitait à la conversion et à produire du fruit. Cette semaine, les textes de ce 3ème dimanche de l’Avent nous invitent à voir le fruit le plus beau que doit produire en nous le mystère de Noël, le mystère de Dieu avec nous : la JOIE.
Cette pédagogie n’est pas propre qu’à l’Avent : pendant le Carême, il y a le dimanche du « Laetare », où la couleur rose peut être aussi de mise.
Pourquoi le dimanche de la joie ?
Dans ce temps de pénitence, l’Église nous invite à faire une pause pour reprendre souffle jusqu’à la fête de Noël. Nous sommes dans l’attente joyeuse de la célébration annuelle de la naissance de Jésus, venu de Dieu en notre chair, pour nous sauver. Les textes liturgiques nous invitent à la joie, et cela pour toutes les lectures des trois années dites « A, B et C » !
L’invitation à la joie est caractéristique du temps de l’Avent : l’attente de la naissance de Jésus, l’attente que nous vivons est joyeuse, un peu comme lorsque nous attendons la visite d’une personne que nous aimons beaucoup, par exemple un ami que nous ne voyons plus depuis longtemps, un parent… Nous sommes dans une attente joyeuse.
Et cette dimension de la joie apparaît surtout aujourd’hui, troisième dimanche, qui s’ouvre sur l’exhortation de saint Paul «Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Le Seigneur est proche.» (Antienne d’entrée; cf. Ph 4, 4.5).
Quelle est cette joie ?
« Réjouissez-vous ! ».
Se réjouir, exulter, crier de joie, être dans l’allégresse, le texte d’Isaïe 35 ne manque pas d’insister lourdement sur l’appel à la joie que doit susciter en nous la venue du Sauveur, du rédempteur, de Dieu avec nous, l’Emmanuel.
Mais, a-t-on tant de motifs de se réjouir ?
Tout va mal, la guerre, les abus, la crise énergétique, l’inflation, la politique. C’est la crise et pas de sauveur à l’horizon ! Quand le prophète Isaïe écrit, la situation n’est guère meilleure : temps de guerre et d’incertitudes, interrogations sur ce qu’il faut faire pour éviter le chaos, injustice sociale et perte de repères. Le prophète ne s’adresse pas à des gens pour qui tout va bien, mais plutôt à des gens qui s’affolent.
Pourtant il leur dit au nom de Dieu : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu… Il vient lui-même et vient vous sauver. » Il ne faut pas s’étonner que le message des prophètes ait été mal reçu, il va à l’encontre de tout bon sens et de toute logique, il est utopique et certains pensent qu’il trompe les gens par des promesses illusoires.
La foi dans le sauveur n’est-elle pas qu’une illusion ? Tant de voix continuent de nous le dire aujourd’hui.
Notre joie est celle de l’attente du Sauveur dans la patience
Saint Jacques donne une première réponse à ces critiques : « ayez de la patience. »
Ce mot résonne étrangement dans un monde où l’on va vite et où l’on veut tout et tout de suite. Le moindre évènement insignifiant se transforme en buzz et suscite indignation et critique. La moindre proposition est aussitôt rejetée et vilipendée. Nous ne sommes pas un monde où la patience est reine, nous sommes dans l’instantané et l’immédiat.
Pourtant saint Jacques n’a pas tort de dire qu’il faut le temps des semailles, le temps de la pousse, le temps des récoltes.
Pour que la terre produise son fruit, il faut du temps : Rome ne s’est pas bâtie en un jour, le royaume de Dieu non plus. Les prophètes, dit Jacques, ont parlé pendant 5 siècles à un peuple qui n’écoutait pas et qui ne voyait pas, pourtant ils ont eu la patience et l’endurance de continuer à prêcher la bonne nouvelle du salut envers et contre tout.
Nous aussi, nous avons besoin d’être patients et dans la joie.
Cette joie à laquelle l’Église nous appelle n’est pas une joie qui dépend d’événements extérieurs, de réussites extérieures, elle est un don de Dieu, elle est liée à Dieu.
Chacune des lectures va donc nous donner quelques bonnes raisons de vivre dans la joie, une joie profonde que nul ne pourra nous ravir comme le dit Jésus.
La raison profonde de notre joie, c’est la certitude que « le Seigneur est proche« , comme nous le dit Saint-Jacques dans la 2ème lecture : « Tenez ferme car la venue du Seigneur est proche« (Jc 5, 8). Il ne nous abandonne pas à notre triste sort. Aussi, par l’accueil de sa parole dans nos vies, nous faisons l’expérience de la joie, de la joie parfaite : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite“.
Cette joie parfaite, saint François d’Assise l’a réellement expérimentée. Nous en trouvons trace dans son dialogue avec frère Léon sur « La joie parfaite »

A découvrir :
Le dialogue entre saint-François et frère Léon
Saint Augustin souligne que cette joie n’est pas celle du monde : « soyez joyeux dans le Seigneur, non selon le monde. C’est-à-dire : soyez joyeux dans la vérité, non dans l’iniquité ; soyez joyeux dans l’espérance de l’éternité, non dans l’éclat fragile de la vanité » (Sur la Lettre aux Philippiens, Sermon 171, 1-15).
Nous sommes dans ce monde et nous préparons avec joie et un peu de fébrilité les cadeaux pour ceux que nous aimons. Pourtant nous ne sommes pas du monde, nous dit Jésus (Cf. Jn. 15, 19).
Selon Saint Paul, la joie se vit dans la prière et la constance. “Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes.” (Ph 4, 4-7)
Dans l’Évangile (Lc 3, 10-18), Jean-Baptiste enseigne la conversion du coeur et la juste attitude à avoir. A ceux qui lui demandent “Que devons-nous faire ?”, Il donne l’attitude juste à adopter pour préparer la venue du Royaume de Dieu. Des exemples qui nous parlent encore en 2025.
Bonté, tempérance, confiance, espérance, prière, gratitude, apparaissent dès lors, comme quelques balises sur le chemin qui, dans la joie de la conversion du cœur, nous conduit vers Noël.
La rencontre du Seigneur est la source de notre joie, sans cesse et de manière renouvelée. Préparons-nous à cette rencontre, qui est de tous les instants, en particulier par le sacrement de la réconciliation.
Oui, il est déjà venu Celui qui vient, il viendra de nouveau, il est là mystérieusement présent et perpétuellement en attente du don que nous pouvons lui faire de nous-mêmes.
Cette joie annonce celle de la nativité qui approche.
Réflexions sur l’Évangile de ce 3ème dimanche :
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- En ce Dimanche de la joie, qu’est-ce que la joie pour moi ? Un sentiment ? Une qualité de l’âme ? Une vertu qui dépend aussi de ma participation ? Qu’est-ce qui me procure de la joie ?
Joyeux dimanche « Gaudete » à chacun de nous !
Demandons au Seigneur la grâce de cette JOIE !
Sources :
https://www.catholique-blois.net/actualite/commentaires-evangile/dimanche-14-decembre-2025-3eme-de-lavent
