Dans la nuit du Jeudi Saint, trahi par son disciple Judas, le Christ est arrêté. Il est accusé de semer le désordre par ses enseignements et surtout d’usurper le titre de Messie, c’est-à-dire de Fils de Dieu envoyé pour sauver les hommes. Interrogé par Ponce Pilate (gouverneur romain de la région), flagellé par les soldats, Il est condamné à être cloué sur une croix – supplice alors réservé aux criminels.
Chargé de la croix, le Christ gravit la colline du Golgotha (littéralement « Mont du crâne », autrement appelé « Calvaire ») et tombe plusieurs fois d’épuisement. Crucifié, Il expire au bout de quelques heures. Descendu de la croix par ses proches, Il est enveloppé dans un linge blanc (le « linceul ») et mis au tombeau.
Le Vendredi Saint, l’Église célèbre la Passion et la mort de Jésus sur la croix. C’est un jour de jeûne et d’abstinence où les fidèles font pénitence.
Feuillet du chemin de croix paroissial
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pour le Vendredi Saint
Le vendredi saint, dans les paroisses de notre Diocèse, il est proposé aux fidèles :
- Le matin, de méditer le Chemin de croix qui suit les étapes de la Passion du Christ et invite les fidèles à réfléchir sur le sens spirituel de la Passion, soit à l’extérieur, soit dans les églises.
Le thème retenu cette année pour notre diocèse c’est “Jésus mon Sauveur, Jésus mon Seigneur”.
À travers les quatorze stations, nous contemplons un Seigneur qui s’abaisse par amour, un Sauveur qui rejoint nos souffrances, un Frère qui marche avec notre peuple dans ses blessures, ses combats, ses espérances. Chaque parole prononcée sur le chemin du Calvaire résonne dans les réalités de notre Martinique : nos familles éprouvées, nos jeunes en quête de sens, nos anciens qui portent la mémoire, nos communautés appelées à l’unité.
En méditant ce Chemin de Croix, nous voulons ouvrir nos cœurs à la grâce, laisser Jésus nous parler, nous relever, nous sauver. Car il est vraiment : Jésus mon Seigneur, Jésus mon Sauveur.
Pour aller plus loin, à lire :
- À 15 heures : de participer à l’office du Vendredi saint qui s’inscrit dans le Triduum pascal. Appelé « célébration de la Passion du Seigneur », cet office (qui n’est pas une messe à proprement parler) est centré sur la proclamation du récit de la Passion du Seigneur : le procès, la condamnation, la montée au Golgotha (lieu du Calvaire) et la crucifixion jusqu’au dernier souffle du Christ.
Après une homélie et une prière commune, l’assemblée est ensuite invitée à s’avancer pour vénérer la croix en la touchant ou en l’embrassant.
Pour les chrétiens, la mort de Jésus n’est pas seulement un évènement dramatique : c’est un acte d’amour et de salut. Il ne s’agit pas d’assister passivement à un triste spectacle ou commémorer la mort de quelqu’un mais de commémorer l’accomplissement du sacrifice rédempteur du Christ, « l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ». La liturgie du jour invite à contempler Jésus qui porte nos souffrances, nos douleurs, nos péchés et qui intercède pour les pécheurs que nous sommes – tel que prévu par le prophète Isaïe (Is 53,12).
C’est un jour où l’on contemple l’amour plus fort que la mort, un amour qui va jusqu’au bout dans l’attente de la lumière de Pâques.
Pourquoi vénère-t-on la Croix ?
La vénération de la Croix est un geste fort où chacun s’approche pour toucher, embrasser ou s’incliner devant le « bois de la croix qui a porté le salut du monde ».
Les chrétiens ne vénèrent pas la croix comme instrument de mort : elle est le signe de l’amour du Christ et de la victoire sur le mal.
À l’époque de Jésus, la croix était le supplice réservé aux esclaves et aux criminels. Pourtant, c’est là que Jésus a choisi de donner de sa vie par amour pour l’humanité. Ainsi, cet instrument donnant la mort est devenu le signe de la vie éternelle. Dans une démarche à la fois commune et personnelle, l’assemblée contemple ainsi le mystère du salut.
Vénérer la croix, c’est reconnaître l’amour et le don total du Christ, son sacrifice pour le salut du monde et la profondeur de son pardon.
C’est se tenir devant le Christ qui a donné sa vie, déposer ses propres souffrances, péchés et fragilités, accueillir la miséricorde qu’il offre et reconnaître que sa mort ouvre un chemin de vie. La vénération est un acte de foi.
Pourquoi n’y a-t-il pas d’eucharistie lors du Vendredi Saint ?
L’Église renonce ce jour‑là à célébrer le sacrement qui fait mémoire de la mort et de la résurrection du Christ : on ne célèbre pas la messe au moment même où l’on contemple la mort du Seigneur. En ce jour, l’Église se plonge dans un profond silence.
L’Eucharistie étant le sacrement de la présence du Christ vivant, les catholiques observent alors un jeûne eucharistique pour signifier l’absence, la mise au tombeau, le silence de Dieu. Ce jeûne exprime ainsi la gravité du jour et la participation au sacrifice du Christ. L’absence d’Eucharistie n’est pas une fin : elle prépare à la grande célébration de la Vigile pascale, où l’Église va retrouver la joie de la Résurrection et la plénitude du sacrement.
La communion est possible lors de l’office du Vendredi Saint mais les hosties sont celles consacrées la veille, lors de la messe du Jeudi Saint et conservées au Reposoir.
Pourquoi manger du poisson le vendredi ? Pourquoi doit-on jeûner le vendredi saint ?
Manger habituellement du poisson le vendredi et jeûner le Vendredi saint sont deux pratiques liées, mais elles n’ont pas exactement la même signification. Elles expriment toutes deux une manière concrète de faire mémoire de la Passion du Christ.
Le vendredi, les chrétiens se souviennent de la crucifixion du Christ. Dès les premiers siècles, l’Église a donc instauré le vendredi comme jour de pénitence, marqué par l’abstinence de viande. Renoncer à la viande avait un sens : elle était considérée comme un aliment de fête et de richesse. Le poisson, au contraire, est un mets simple et courant.
Il porte aussi une forte symbolique chrétienne comme nourriture du vendredi : en grec, ichtus (poisson) forme l’acronyme « Jésus Christ, Fils de Dieu, Sauveur ».
Lors du Vendredi saint, l’Église demande en plus aux fidèles de vivre le jeûne, comme le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique (§ 2043). Nous sommes invités ainsi à entrer plus profondément dans le mystère de la Passion. Le jeûne permet de vivre ce temps avec le corps autant qu’avec l’esprit : exprimer la pénitence et le deuil spirituel, s’unir au Christ souffrant, préparer son cœur à la Résurrection, et entrer dans un véritable dépouillement intérieur.