Ce dimanche 1er mars après-midi, venus des différentes paroisses du diocèse, 46 catéchumènes adolescents et adultes ont répondu à l’appel décisif, dont 5 en provenance de la paroisse Saint Laurent du Lamentin : Célia, Chéryne, Mauranne, Olivier et Violetta
La moyenne d’âge était de 32 ans avec une majorité de femmes.
Tout au long de l’Histoire Sainte, Dieu appelle des hommes et des femmes à se lever, à l’écouter, à parler et à agir en son Nom. Par son Fils, son appel se fait encore plus pressant « viens et suis-moi » (Lc 18, 22).
La célébration de l’appel décisif, marquant la fin du temps du catéchuménat, se veut l’écho de ce mouvement, de ce dialogue où Dieu ne cesse d’appeler tout homme et attend sa réponse libre, pleine et entière.
Vécue au début du Carême, cette célébration est signe de vitalité et de soif de spiritualité, source d’espérance pour l’Église qui voit dans la plupart des diocèses, croître le nombre de candidats au Baptême.
Comprendre ce qu’est l’appel décisif ?
L’appel décisif : c’est le moment où l’évêque, au nom de l’Église, admet les catéchumènes jugés prêts à recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne (le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie) lors de la prochaine Vigile pascale. Il s’appuie pour cela sur leur cheminement, le discernement des accompagnateurs et le désir exprimé par les futurs baptisés. Cette étape manifeste que la foi du catéchumène est suffisamment mûre.
Une étape dans tout le parcours catéchuménal
L’appel décisif ne vient pas au début mais après un temps de catéchuménat, quand la personne a déjà découvert l’Évangile, appris à prier, fréquenté une communauté et discerné sérieusement son désir de baptême. Il est précédé d’une demande écrite adressée à l’évêque, où le catéchumène exprime sa démarche, et d’un avis du Curé et des accompagnateurs sur sa préparation.
Il ne s’agit donc pas tant de faire passer un examen aux candidats que de reconnaître, aux signes de conversion que montre leur comportement, que Dieu agit dans les cœurs et les esprits et choisit ces catéchumènes pour devenir membre du Corps du Christ et participer à sa mission.
Ce rite porte le nom d’”appel décisif” parce que cette admission, accomplie par l’Église, se fonde sur « une élection ou un choix opéré par Dieu, au nom duquel agit l’Église ». Un choix est posé : l’Église appelle, le catéchumène répond. À partir de là, il ne s’agit plus seulement de découvrir la foi, mais de s’y engager personnellement.
Cet appel est aussi un signe de la sollicitude de toute la communauté chrétienne qui entoure et porte dans la prière ceux qui s’avancent vers les sacrements.
Comment se déroule cette célébration ?
La célébration de l’appel décisif et de l’inscription du nom se vit habituellement le 1er dimanche de Carême, à l’échelle du diocèse, autour de l’évêque. Mgr MACAIRE étant empêché, cette célébration a été reportée dans notre diocèse de Martinique au dimanche 1er mars 2026 à 14h, 2ème dimanche de carême, en la cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France. Présidée par l’Archevêque, assisté du Vicaire épiscopal Gilles AÏZO, cette célébration était animée par le groupe de Gospel “Spiritual Voices” de la Paroisse de Redoute.
Les catéchumènes sont venus accompagnés de leurs parrains, marraines, familles et des équipes de catéchuménat de leurs paroisses. La dimension diocésaine rappelle que l’on n’entre pas dans une petite communauté locale, mais dans l’Église tout entière.
Au cours de la liturgie de la Parole (les lectures bibliques étaient celles du 1er dimanche de carême notamment Mt 4,1-11), l’archevêque a adressé une homélie spécifique aux catéchumènes pour les encourager sur ce nouveau seuil.
Puis vint le temps du rite de l’appel décisif.
L’archevêque dans un dialogue avec les parrains et marraines, les interrogea sur l’aptitude de leur filleul(e) à être admis au nombre des élus pour célébrer les prochaines fêtes de Pâques :
- “Ont-ils été fidèles à écouter la Parole de Dieu annoncée par l’Église ?”
- “Ont-ils commencé à vivre dans la présence de Dieu, en gardant cette Parole ?”
- “Ont-ils participé à la vie fraternelle et aux prières ?”
L’archevêque s’adressa ensuite à l’assemblée : “ Pensez-vous que ces candidats peuvent être admis aux sacrements de l’initiation chrétienne ? ”
Et enfin, l’archevêque invita les catéchumènes à exprimer leur désir : “voulez-vous être initiés par les sacrements du Christ : le baptême, la confirmation et l’eucharistie ?”
Vint alors l’appel nominal des candidats. À l’appel de leur nom, un à un, les catéchumènes se lèvent et répondent personnellement à haute voix, « ME VOICI ».
Les appelés se sont avancés ensuite en procession vers l’archevêque, avec leur parrain ou leur marraine qui place sa main gauche sur l’épaule droite de son filleul (ou de sa filleule) et tient dans sa main droite l’écharpe violette à remettre à l’archevêque.
L’archevêque plaça alors l’écharpe violette autour du cou du catéchumène qui se présente à lui.
Après quoi ils vont signer le registre diocésain des futurs baptisés où sont inscrits leurs noms. Par ce geste simple, chacun manifeste devant tous sa décision de recevoir les sacrements.
L’archevêque exhorta les nouveaux “élus” à rester fidèles à l’appel de Dieu et à s’efforcer de tout leur coeur à parvenir à la pleine vérité de cet appel.
Il insista sur la mission des parrains et marraines : « Ces catéchumènes, […], vous sont confiés dans le Seigneur. Que votre aide fraternelle et votre exemple les accompagnent […].»
S’adressant enfin à toute l’assemblée des fidèles, l’archevêque invita à prier le Seigneur pour les nouveaux “élus”, rappelant que : “les catéchumènes que nous accompagnons vers les sacrements de Pâques, attendent de voir en nous les signes d’une vie transformée par le baptême ».
Mgr MACAIRE poursuivit en ces termes “L’Église a besoin de chrétiens solides, pas de chrétiens “tchololo”. Elle a besoin de chrétiens qui ont envie de suivre le Christ et de faciliter la rencontre des autres avec le Christ.”
Et après ?
La célébration de l’appel décisif et de l’inscription du nom marque ainsi la fin du temps du catéchuménat au sens strict, pour les catéchumènes appelés et élus.
S’ouvre alors pour eux le temps de la « purification et de l’illumination », qui correspond au Carême, soutenus par leur communauté, car c’est l’Église toute entière qui chemine avec eux vers Pâques à la rencontre du Christ ressuscité.
C’est un temps plus intense de prière, de conversion et de préparation spirituelle immédiate aux sacrements : les 3 scrutins (étapes liturgiques), la remise du Credo et du Notre Père. La nuit de Pâques, les catéchumènes deviennent alors néophytes : plongés dans l’eau du baptême, marqués par la confirmation et accueillis à la table de l’eucharistie, ils entrent pleinement dans la vie chrétienne.
Mais ce temps est aussi pour nous baptisés, un temps où nous pouvons reprendre à notre compte les questions posées dans ce rite de l’appel décisif : sommes-nous, nous aussi fidèles à l’écoute de la parole de Dieu annoncée par l’Église ? Vivons-nous dans la présence de Dieu en gardant cette Parole ? Participons-nous à la vie fraternelle et aux prières ? Autant de questions qui peuvent nous permettre chaque jour de répondre, chacun à notre manière : « me voici » (Is 6, 8). Le Carême est donc à vivre comme un temps de grâce permettant à tous, par la présence des catéchumènes, de retrouver le rythme des commencements de la foi, rythme propre à la conversion.
Notre communauté est invitée à porter et à soutenir dans la prière l’ensemble de ces catéchumènes et plus particulièrement Célia, Chéryne, Mauranne, Olivier et Violetta pendant tout le temps du carême puis tout le temps pascal jusqu’à la Pentecôte, une fois qu’ils seront devenus néophytes par leur baptême.
Dans les paroisses, pendant les liturgies du carême, les catéchumènes appelés sont reconnaissables à leur écharpe violette.