Ce mardi 20 janvier 2026, les sénateurs ont commencé à examiner la proposition de loi sur la fin de vie, revisitée en commission des affaires sociales et qui sera soumise au vote solennel du Sénat le 28 janvier prochain. S’il est adopté, il repartira à l’Assemblée nationale en février, afin d’être réexaminé. Les députés pourront l’adopter tel quel, le modifier de nouveau, ou encore le rétablir dans sa version initiale. La « navette parlementaire » se poursuivra tant que les deux chambres n’auront pas adopté le même texte. En cas de désaccord persistant entre les deux chambres, une commission mixte paritaire pourrait être convoquée pour tenter de dégager un compromis. À défaut, le gouvernement pourra donner le dernier mot à l’Assemblée nationale.
Le débat prend la forme de deux propositions de loi examinées en parallèle : une première sur les soins palliatifs, et une autre sur la création d’une “aide à mourir” légalisant le suicide assisté (acte par lequel le patient met lui-même fin à ses jours en s’administrant la substance létale) et l’euthanasie (acte direct par un tiers – généralement un médecin – visant à provoquer la mort d’une personne, à sa demande, pour mettre fin à ses souffrances).
Ce texte soulève des questions éthiques majeures et fait peser un risque réel sur les plus vulnérables. L’Église catholique et de nombreux citoyens demandent de ne pas basculer vers l’aide à mourir, mais de privilégier une société solidaire qui accompagne la vie depuis son commencement jusqu’à son terme.
Ne restons pas silencieux.
Rappelons qu’en mai 2025, deux propositions de loi (sur les soins palliatifs et sur “l’aide active à mourir”) ont été adoptées en première lecture par l’Assemblée nationale.
La loi sur “l’aide active à mourir” prétendait instaurer, sous le vocable dissimulateur d’« aide à mourir », un large droit au suicide assisté et à l’euthanasie auquel seraient d’emblée éligibles un million de personnes, tout en punissant sévèrement toute tentative de dissuasion de l’euthanasie sans pour autant pénaliser l’incitation au suicide assisté.
Dans les deux cas, des soignants seraient officiellement chargés de donner la mort à leurs patients.
Dans les deux cas, l’interdit de tuer serait bafoué et la prévention du suicide minée.
Dans les deux cas, l’État se ferait complice de la mort, en l’organisant et en la contrôlant.
En savoir plus sur le texte en discussion :
L’euthanasie : une grave violation de la Loi de Dieu
L’« aide active à mourir » permettrait de supprimer toute souffrance ou d’y mettre un terme, mais elle franchirait l’interdit que l’humanité trouve au fond de son être et que confirme la Loi confiée par Dieu sur la montagne du Sinaï : « Tu ne commettras pas de meurtre» (Ex 20,13 ; Dt 5,17) qui constitue le 5ème commandement.
Le Nouveau Testament l’énonce également clairement : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.» (Matthieu 5, 21).
Donner la mort pour supprimer la souffrance n’est ni un soin ni un accompagnement : c’est au contraire supprimer la personne souffrante et interrompre toute relation.
C’est « une grave violation de la Loi de Dieu » (Cf. Jean-Paul II, encyclique L’Évangile de la vie, 25 mars 1995, n. 65). C’est une grave transgression d’un interdit qui structure notre vie sociale : nos sociétés se sont organisées en restreignant toute atteinte à la vie d’autrui.
Pratiquer l’« aide active à mourir » est et sera la cause d’autres souffrances, en particulier celle du remords et de la culpabilité qui rongent insidieusement le cœur de l’être humain ayant consenti à faire mourir son semblable, jusqu’à ce qu’il rencontre la miséricorde du Dieu Vivant.
Que dit le Catéchisme de l’Église Catholique ?
Le Catéchisme de l’Église catholique tire de ces paroles bibliques une conclusion destinée aux hommes et femmes de notre temps en déclarant que (n° 2258) : « La vie humaine est sacrée parce que, dès son origine, elle comporte l’action créatrice de Dieu et demeure pour toujours dans une relation spéciale avec le Créateur, son unique fin. Dieu seul est le maître de la vie de son commencement à son terme : personne en aucune circonstance ne peut revendiquer pour soi le droit de détruire directement un être humain innocent » (cf. Congrégation pour la Doctrine de la foi, instruction Donum vitæ, introduction, n° 5).
Le Catéchisme de l’Église catholique en tire des conclusions nettes et enseigne clairement à propos de l’euthanasie qu’« une action ou une omission qui, de soi ou dans l’intention, donne la mort afin de supprimer la douleur, constitue un meurtre gravement contraire à la dignité de la personne humaine et au respect du Dieu vivant, son Créateur. » (n° 2277).
Quant à la coopération volontaire au suicide, elle « est contraire à la loi morale » et « à l’amour du Dieu vivant » (Catéchisme de l’Église Catholique n° 2280 à 2282).
Parole des Évêques : “On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort” – (tribune des évêques de France sur la fin de vie)
Face à ce projet, l’Église catholique réaffirme son opposition résolue à l’euthanasie.
Dans une tribune publiée le 14 janvier 2026 intitulée « ON NE PREND PAS SOIN DE LA VIE EN DONNANT LA MORT », le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France (CEF) prend la parole.
Les évêques de France appellent à une réflexion exigeante et profondément humaine sur les choix qui engagent notre société. Ils invitent à redire l’importance du soin, de la solidarité envers les plus fragiles et du respect inconditionnel de la dignité de toute personne, jusqu’au terme de sa vie.
S’il était adopté le 28 janvier, ce texte, parmi les plus permissifs au monde, menacerait les plus fragiles et remettrait en cause le respect dû à toute vie humaine.
Les évêques estiment suffisante la loi dite “Claeys-Leonetti” adoptée en 2016 et qui favorise l’accès aux soins palliatifs, encore insuffisamment développés en France par manque de structures. Une nouvelle loi pour créer un droit à mourir serait une violation de la sacralité de la vie humaine.
Les soins palliatifs, les évêques le disent clairement, sont la seule bonne réponse pour accompagner les malades jusqu’au bout.
“Présenter l’euthanasie et le suicide assisté comme des actes de soin brouille gravement les repères éthiques. On détourne les mots de leur véritable sens pour mieux anesthésier les consciences : ce brouillage n’est jamais neutre. On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort.”
“Nous refusons en particulier l’instrumentalisation de notions essentielles telles que la dignité, la liberté ou la fraternité.
Nous rappelons avec force que la dignité d’une personne humaine n’est pas variable selon son état de santé, son autonomie ou son utilité sociale ; elle est inhérente à son humanité, jusqu’au bout. Elle est inaliénable.
La liberté, quant à elle, ne peut être pensée de manière abstraite, comme si la souffrance, la peur, la solitude ou la pression sociale n’avaient aucun impact sur le discernement. [… ]
Enfin, évoquer une « loi de fraternité » quand il s’agit de faire mourir, de donner la possibilité de s’administrer une substance létale, ou d’inciter un soignant de le faire contre sa conscience, est un mensonge. “
Et les évêques de conclure : « Nous croyons qu’une société grandit, non pas lorsqu’elle propose la mort comme solution, mais bien lorsqu’elle se mobilise pour accompagner la fragilité et protéger la vie, jusqu’au bout. Le chemin est exigeant, certes, mais c’est le seul qui soit véritablement humain, digne et fraternel. »
Télécharger :
Tribune_eveques_France_soin_vie_mort-15.01.2026
- Pour approfondir la position de l’Église Catholique:
https://academiecatholiquedefrance.fr/declaration-sur-la-fin-de-vie-2/
- Rejoindre la neuvaine de prière des AFC du 20 au 28 janvier 2026 – https://hozana.org/communaute/12812-neuvaine-pour-la-fin-de-vie-avec-saint-jean-paul-ii
Prière pour la vie de Saint Jean-Paul II
Ô Marie,
aurore du monde nouveau, Mère des vivants,
nous te confions la cause de la vie : regarde, ô Mère,
le nombre immense des enfants que l’on empêche de naître,
des pauvres pour qui la vie est rendue difficile,
des hommes et des femmes victimes d’une violence inhumaine,
des vieillards et des malades tués par l’indifférence ou par une pitié fallacieuse.
Fais que ceux qui croient en ton Fils
sachent annoncer aux hommes de notre temps
avec fermeté et avec amour l’Évangile de la vie.
Obtiens-leur la grâce de l’accueillir
comme un don toujours nouveau,
la joie de le célébrer avec reconnaissance dans toute leur existence
et le courage d’en témoigner avec une ténacité active,
afin de construire, avec tous les hommes de bonne volonté,
la civilisation de la vérité et de l’amour,
à la louange et à la gloire de Dieu Créateur qui aime la vie.