Pour la septième édition, en 2026, le dimanche de la Parole de Dieu sera célébré le 25 janvier, dans toute l’Église. 

C’est le 30 septembre 2019, que le pape François instituait cette fête par une lettre apostolique “Aperuit Illis” en forme de « motu proprio » qui commence par cette citation de l’Évangile selon saint Luc : « Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures » (Lc 24, 45). 

▶ Lire le motu proprio Aperuit Illis. :

https://www.vatican.va/content/francesco/fr/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio-20190930_aperuit-illis.html

Le dimanche de la parole de Dieu est désormais célébré chaque année généralement le 3ème dimanche du Temps Ordinaire. Il doit être « entièrement consacré à la Parole de Dieu, pour comprendre l’inépuisable richesse qui provient de ce dialogue constant de Dieu avec son peuple ».

Ce dimanche est une invitation à se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu, à lire et à méditer la Bible, outil fondamental pour la croissance de la foi et de la vie spirituelle, et instrument d’espérance pour les fidèles du monde entier.

Les croyants doivent « écouter la Parole du Seigneur tant dans la liturgie que dans la prière et la réflexion personnelle ».

Pourquoi un « dimanche de la Parole » ?

Pourquoi cette journée ? La Parole du Seigneur n’est-elle pas célébrée tous les dimanches lors de la messe ? Pourquoi cette invitation à repenser la place de la Parole de Dieu lors de nos célébrations eucharistiques et dans notre vie de foi ? 

  • D’une part, parce que cette Parole est un dialogue constant de Dieu avec son peuple
  • d’autre part, parce que dans la liturgie nous sommes nourris selon deux modes d’être du Christ : sa parole et son pain

Ces deux modes sont indissociables l’un de l’autre. Entendre, méditer, célébrer la Parole est un prélude indispensable à la participation au repas eucharistique. 

La Parole : un dialogue constant de Dieu avec son peuple

Tout au long de la Bible, la Parole révèle qui est Dieu : un Dieu d’amour à la recherche inlassable de l’homme : « Dans l’un et l’autre Testament, c’est le même Dieu qui entre en relation avec des hommes et les invite à vivre en communion avec lui ; Dieu unique et source d’unité ; Dieu créateur, […] Dieu libérateur surtout et sauveur, car les êtres humains, créés à son image, sont tombés par leurs fautes dans un esclavage misérable ».(Commission biblique pontificale, 2001).

Dans l’Ancien Testament, la Parole est une voix

« Au commencement, […] Dieu dit… » (Gn 1).

  • La Parole est créatrice, elle est à l’origine de l’univers.
  • La Parole n’est pas seulement créatrice, elle est aussi salvatrice : Dieu vient à la rencontre de l’humanité, pour lui faire connaître son dessein de salut « J’ai vu la misère de mon peuple… je connais ses souffrances » (Ex 3, 7).

Dans le Nouveau Testament, la Parole prend un visage

« Le Verbe se fit chair » (Jn 1, 14).

  • Le Christ est le Verbe qui est avec Dieu et qui est Dieu (cf. Col 1, 15), mais il est aussi Jésus de Nazareth, fils de David.
  • Par son incarnation en Jésus, Dieu se fait connaître : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9).
  • Par la mort et la résurrection de son Christ, Dieu réalise son dessein de salut.

Toutefois, ce qui s’est déjà accompli dans le Christ doit encore s’accomplir en chaque chrétien, dans l’Église et dans le monde. Voilà pourquoi, comme les juifs, les chrétiens sont dans l’attente.

Il ne s’agit pas d’opposer l’Ancien Testament au Nouveau Testament : « Il s’agit de présenter l’unité de la Révélation biblique (AT et NT) et du dessein divin, avant de parler de chacun des événements de l’histoire, pour souligner que chaque événement ne prend sens que considéré dans la totalité de cette histoire, de la création à l’achèvement ».

L’Ancien Testament et le Nouveau Testament ne prennent donc sens que s’ils sont reliés l’un à l’autre.

 

Une seule table pour une double nourriture : la Parole et le pain

« L’Église a toujours vénéré les divines Écritures, comme elle le fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie sur la table de la Parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles ». (Concile Vatican II, Dei Verbum, 21)

Une telle affirmation peut surprendre. Nous sommes habitués à donner une très grande importance au corps eucharistique du Christ que nous vénérons et entourons d’une fervente adoration. Or l’Église, en son Magistère suprême, nous dit que nous devons avoir une égale vénération pour les Saintes Écritures. (Concile Vatican II, Sacrosanctum concilium, 7).

Dans la liturgie, nous sommes donc rassasiés selon deux modes d’être du Christ : sa parole et son pain. Car le Christ « est là présent dans sa parole, […] lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures », tout comme il est là présent « au plus haut degré, sous les espèces eucharistiques ».

Il n’y a pas de pain eucharistique sans parole prononcée. Comme pour l’acte créateur, il faut une parole pour que le pain quotidien devienne le vrai pain qui descend du Ciel, le pain qui donne la vie au monde.

Manifester la dimension œcuménique de la Parole de Dieu et renforcer les liens entre chrétiens et juifs

Si le Pape a placé ce dimanche de la Parole dans le cadre de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, c’est pour manifester la dimension œcuménique de la Parole de Dieu. La Bible est le livre du peuple de Dieu tout entier.

Comme l’écrit le pape François « célébrer le dimanche de la Parole de Dieu exprime une valeur œcuménique parce que l’Écriture Sainte indique à ceux qui se mettent à l’écoute le chemin à suivre pour parvenir à une unité authentique et solide ».

À son tour, le pape Léon XIV affirme, dès les premiers jours de son pontificat, lors d’une audience avec les délégations œcuméniques et interreligieuses , qu’il considère « comme l’un de ses devoirs, la recherche du rétablissement de la pleine et visible communion entre tous ceux qui professent la même foi en Dieu Père, Fils et Saint-Esprit ».

Ce temps fort est également l’occasion de rappeler le lien profond entre chrétiens et juifs. Comme le rappelle la Commission Biblique Pontificale, « les Saintes Écritures du peuple juif constituent une partie essentielle de la Bible chrétienne ».

Sans l’Ancien Testament, le Nouveau Testament perdrait ses racines et deviendrait difficile à comprendre. Comme le rappelait saint Jean-Paul II : « Quiconque rencontre Jésus-Christ rencontre le judaïsme ».

Ainsi, le Dimanche de la Parole de Dieu invite chacun à se laisser rejoindre par une Parole vivante, qui met en chemin, appelle à la conversion et fonde la foi. Une Parole donnée pour aujourd’hui, au cœur de la vie de l’Église et du monde