Janvier est le mois consacré au Très Saint Nom de Jésus et chaque année, l’Église célèbre la fête du Saint Nom de Jésus le 3 janvier.
Selon la Loi de Moïse, le huitième jour après sa naissance à Bethléem, l’Enfant-Dieu a reçu son nom au moment du rite de la circoncision.
Révélé par Dieu à la Vierge Marie – “Tu lui donneras le nom de Jésus” (Lc 1,31), puis à saint Joseph – “Tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.” ( Mt 1,21 ), par l’intermédiaire de l’archange Gabriel, le nom de Jésus, qui signifie « Sauveur », est le choix direct du Père. Dieu révèle l’intimité de son Être en livrant son nom à travers celui qu’il a choisi pour son Fils : « Yeshoua », « Jésus », « Sauveur », ou « Dieu sauve ».
Aussi, ce nom de Jésus, choisi par le Père, et qui signifie « Sauveur », possède-t-il une très grande puissance, car elle est celle même de Dieu. Le nom de Jésus récapitule, en ce titre de Sauveur, tous les noms messianiques annoncés autrefois par les prophètes : Emmanuel, admirable conseiller, Dieu fort, prince de la paix…
Récapitulant tout dans son rôle de Sauveur, le nom de Jésus enseigne l’Église : Jésus, pour nous sauver, « détruit le péché, surmonte la mort, dépouille les enfers, triomphe du démon, illumine l’univers, nous rétablit dans la grâce et notre dignité d’enfants de Dieu ».
Ce nom résume la vie et l’œuvre du Fils en nous les remettant sous les yeux chaque fois que nous le prononçons ou l’entendons. Car, qui dit « Jésus » rappelle tout le mystère de l’Incarnation, de la crèche à la Croix, et confesse un Dieu homme, pauvre et humilié, souffrant et mourant.
Découvrons les trésors que renferme le nom de Jésus :
Il a été nommé par le Seigneur …
« On te nommera d’un nom nouveau que la bouche du Seigneur dictera », dit Isaïe (62,2). Ensuite, l’Ange Gabriel, le messager du Seigneur, annonce ce nom à Marie et à Joseph : Jésus.
… et Il fut nommé par Joseph
Jésus a aussi été nommé par un homme. L’Ange Gabriel dit à Joseph : « elle [Marie] enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus, (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ».
Que son nom soit sanctifié
Le peuple juif accorde un très grand respect au caractère sacré des noms – en particulier ceux qui font référence à Dieu. Il était même interdit de prononcer le nom divin. Jésus nous a transmis cette tradition en nous apprenant à prier le Notre Père : « Que ton nom soit sanctifié ». Puisque Jésus est la deuxième personne de la Trinité, son nom est également saint.
Saint Paul nous dit : « qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au Ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. »
Son nom est sur la croix
Saint Jean Paul II a souligné comment le nom de Jésus « s’est avéré être un signe de contradiction ». Son nom Jésus « a été écrit sur la croix pour justifier sa condamnation à mort – « Jésus, roi des Juifs ». Alors qu’il a sauvé le monde, son nom le proclamait comme sauveur.
Jésus lui-même, selon les Évangiles, revendique la puissance de son nom
« Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera » ( Jn 15,16 ). En particulier, il donne à ses disciples le pouvoir d’utiliser son nom pour guérir les malades ou expulser les démons. Jésus déclare aussi que son nom sera facteur d’unité : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » ( Mt 18,20 ).
Très vite, les disciples constatent la réalité des promesses de Jésus : « Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : » Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom » » ( Lc 10,17 ).
Pierre et Jean connaissaient la puissance de son nom
Combien est puissant le nom de Jésus ? Dans son premier sermon, Pierre a rappelé la prophétie de Joël : « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Ac2,21) et a précisé que cela se référait à « Jésus le Nazaréen ».
Dans les Actes des Apôtres (3,6) Pierre et Jean, interpellés par un infirme de naissance qui mendiait devant la “Belle Porte” du temple à Jérusalem, lui répondent qu’ils n’ont « ni or ni argent », mais vont lui donner ce qu’ils possèdent : « Au nom de Jésus le Christ le Nazaréen, lève-toi et marche ! » Le miracle s’accomplit, premier d’une longue série et démonstration que ce nom, comme le dira plus tard l’apôtre Paul, est « le nom au-dessus de tout nom », et d’ajouter : « afin qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers » ( Ph 2,10 ), proclamant ainsi la divinité de Jésus et sa toute-puissance.
Souffrir pour son nom est un privilège
Lorsque les apôtres ont été emprisonnés pour la première fois dans l’histoire de l’Église, ils se sont réjouis « d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus ».
Le nom de Jésus est aussi la joie et la gloire de ceux qui souffrent pour lui, comme le proclament Pierre et Jean. Après avoir été emprisonnés pour la première fois dans l’histoire de l’Église, ils se sont réjouis « d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus« . ( Ac, 5,41 ).
L’Église recourt à l’invocation du nom de Jésus
Comme le Christ y a incité les apôtres, l’Église recourt à l’invocation du nom de Jésus dès ses commencements avec force et autorité, manifestant ainsi la puissance divine tout au long des siècles.
Ainsi démontre-t-elle que le nom de Jésus est le seul susceptible de sauver l’humanité.
Dès lors, c’est dans ce nom précieux que l’Église puise ses forces et ses grâces : le nom de Jésus est la constance de ses martyrs, la lumière de ses docteurs, la pureté de ses vierges et la source de sa fermeté dans la foi.
L’Église ne demande et n’agit que par le nom de Jésus, car « il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous soyons sauvés » ( Ac 4,12 ) Le nom de Jésus est véritablement salvifique : « Que chacun se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez les dons du Saint-Esprit » ( Ac 2,38 ).
Toutes les prières de l’Église s’achèvent par l’invocation du nom de Jésus, mais c’est dans le rituel de l’exorcisme qu’il déploie le plus manifestement son pouvoir. Le catéchisme enseigne : « Par l’exorcisme, l’Église demande publiquement avec autorité au nom de Jésus qu’une personne ou un objet soit protégé de l’emprise du Malin et soustrait à son empire.» Ce n’est donc pas l’exorciste qui délivre, mais la puissance du saint nom de Jésus,« redoutable au démon ».
La dévotion au saint nom de Jésus
Le nom de Jésus est déjà en soi une prière d’invocation et/ou d’action de grâce. La tradition, encore vivante aujourd’hui dans l’Orient chrétien, de la « prière du Nom » remonte aux tout premiers siècles, c’est-à-dire à la répétition constante du nom de Jésus, ou d’une formule d’invocation qui le contient.
L’invocation « Seigneur Jésus, Fils du Dieu vivant, aie pitié de moi, pécheur », et ses variantes, sont appelées la « prière de l’esichia », c’est-à-dire de la « paix du cœur ».
Tout au long de l’histoire de l’Église, les saints ont nourri une grande dévotion pour le nom de Jésus.
C’est au XVe siècle, sous l’impulsion du saint franciscain Bernardin de Sienne (1380 – 1444), que la dévotion au saint nom de Jésus se popularise. Ce prédicateur avait coutume de prêcher en brandissant une bannière sur laquelle étaient inscrites les trois premières lettres grecques du nom de Jésus surmontées d’une croix : « IHS », qui sont aussi les initiales de la formule latine « Iesus Hominum Salvator », « Jésus sauveur des hommes ».
Saint Ignace de Loyola et les Jésuites contribueront à la répandre à partir du XVIe siècle – la coupole de leur église romaine du Gesù, où Ignace est enterré, représentant justement le triomphe du nom de Jésus.
L’invocation du Nom serait-elle une forme d’idolâtrie ou de pratique superstitieuse ou magique ?
D’aucuns le craignaient, si bien que Bernardin de Sienne dut s’en défendre auprès de ses détracteurs et jusqu’au pape Martin V : « De même que vous adorez Jésus dans sa chair, de même vous devez adorer le nom de Jésus (…) ; non le signe, mais ce qui est signifié ; car le nom de Jésus signifie pour vous le Sauveur, le Rédempteur et le Fils de Dieu. »
Le pontife ne put que reconnaître la droiture doctrinale du franciscain. Et la diffusion de la dévotion au saint nom de Jésus n’en sortit que plus grande.
Le pape Innocent XIII en a institué la fête en 1721 pour l’Église universelle. C’est aussi l’époque où se répandent les litanies du saint nom de Jésus.
Supprimée après la réforme liturgique, elle fut rétablie par Jean Paul II en 2002.
Le nom de Jésus est l’appui de la vie chrétienne : « Tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père », demande saint Paul ( Col, 3,17 ).
“Puisse donc le Nom de Jésus être souvent sur nos lèvres, et toujours dans notre coeur pendant la vie ! Puisse-t-il être notre espérance et notre dernière parole à l’heure de la mort, notre joie et notre chant éternel dans les Cieux.” (Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950).
Sources
Vidéo “Les origines du culte au Très Saint Nom de Jésus” https://www.dailymotion.com/video/x7yabtb
https://fr.aleteia.org/2022/01/17/dix-raisons-pour-lesquelles-le-saint-nom-de-jesus-est-si-puissant/
1000 Raisons de Croire – Dieu sauve : la puissance du saint nom de Jésus
Pour aller plus loin : conférence en ligne (sur la chaîne YouTube Dominicains de Lyon) du frère Jean-Marie Gueulette : Le Saint-Nom-de-Jésus , 2 février 2021